Pourquoi encore choisir le Canada?

Il a été déclaré à maintes reprises que le Canada est une excellente destination pour l’investissement direct étranger (IDE) et les acquisitions. Les trois principales raisons sont l’accès au marché, l’environnement d’affaires, ainsi que la main-d’œuvre éduquée et variée. Parmi ces raisons, l’accès au marché est celui qui attire initialement l’investisseur étranger à acquérir ou à prendre de l’expansion au Canada.

L’avantage qu’a le Canada quant à l’accès au marché provient principalement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) qui facilite les échanges entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. De plus, le gouvernement canadien finalise actuellement l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne (UE) qui, combiné avec l’ALÉNA, compte pour 37 billions USD du PIB des économies impliquées. Cela représente la moitié de la production mondiale de biens et services qui sera accessible au marché canadien. L’ajout du Partenariat transpacifique (PTP) ajouterait 10% du PIB mondial tombant sous les accords commerciaux du Canada. Si l’on se fie aux statistiques, le Canada devrait voir une croissance accrue de son PIB grâce à une augmentation des flux commerciaux, rendant ainsi l’environnement d’affaires plus attrayant grâce à ses accès à divers marchés.

Depuis l’élection du président Trump, l’avantage clair que possédait le Canada par rapport à l’accès au marché est teinté d’incertitude. Plusieurs estiment que les négociations entre les partenaires de l’ALÉNA amèneront plusieurs changements. Ceux-ci risquent d’affecter particulièrement le secteur agroalimentaire et l’industrie forestière, cette dernière pouvant être gravement touchée par certaines modifications. L’industrie du bœuf au Canada compte sur la consommation américaine qui représente plus de 70% de ses exportations. L’industrie du bois d’œuvre, quant à elle, risque de faire face à des quotas pour les envois du Canada vers les États-Unis. Plus de détails concernant les négociations spécifiques aux industries se retrouvent dans l’article intitulé  «Le Canada serait-il le grand gagnant de la renégociation de l’ALÉNA ? ».

Les premières séances de négociations sont terminées et il n’y a pas d’indice clair d’un départ des États-Unis ni de changements majeurs à l’accord. D’après l’association des Manufacturiers et Exportateurs du Canada, les États-Unis ont démontré lors des premières séances une ouverture à renégocier les termes de l’entente et non une volonté de s’en départir. Ceci est positif pour le Canada et le Mexique. Nul ne sait vraiment ce qu’il adviendrait si les États-Unis se retirent de l’ALÉNA. Par contre, on peut supposer que plusieurs compagnies décideraient d’établir une présence physique aux États-Unis pour avoir facilement accès à ce marché. Ceci aurait un effet négatif sur l’IDE et les acquisitions au Canada et affecterait également le Mexique, quoique moindrement puisque leurs salaires demeureraient hautement compétitifs.

Malgré le fait que l’accès au marché est l’avantage premier d’investir au Canada, il y a d’autres raisons pour lesquelles des compagnies choisissent d’investir ou de réinvestir au Canada au lieu de se déplacer aux États-Unis. Tout d’abord, la qualité de la main-d’œuvre canadienne est élevée; 59% de la population canadienne possède un diplôme universitaire comparé à 46% aux États-Unis. De plus, comme démontré dans l’illustration ci-dessous, plusieurs facteurs importants ayant un impact sur la qualité de vie représentent des avantages favorisant le Canada face à son voisin du sud. Ces avantages incluent le taux d’emploi, le taux de propriété, le nombre moyen de jours de vacances et l’espérance de vie moyenne.

Figure 1: The Heritage Foundation 2017
Figure 1: The Heritage Foundation 2017

L’indice de liberté économique est un outil de mesure de l’autorité de la loi d’un pays (droit de propriété, intégrité du gouvernement, efficacité judiciaire), de l’importance du gouvernement (dépenses gouvernementales, charge fiscale, santé fiscale), de l’efficacité réglementaire (liberté d’entreprise, liberté de la main-d’œuvre, liberté monétaire), et du marché libre (libre échange, liberté d’investissement, liberté financière). D’après l’indice de 2017, le Canada se situe au 7e rang alors que les États-Unis sont au 17e rang et le Mexique est au 70e rang, démontrant ainsi une autre bonne raison d’encourager l’investissement d’entreprises étrangères au Canada.

En 2017, le Canada demeure une destination de choix pour les investisseurs directs étrangers. D’après une étude menée par KPMG, les coûts d’entreprise au Canada sont les plus bas parmi les pays du G7 avec un avantage de coût de 14,6% par rapport aux États-Unis. Si l’on compare les deux pays, les coûts d’entreprise pour le Canada sont encore plus bas si l’on se concentre sur les secteurs de la recherche et du développement (27,7%) et des services numériques (26%).

Figure 2: KPMG, Competitive Advantages 2016
Figure 2: KPMG, Competitive Advantages 2016

Même si le Canada est riche de plusieurs avantages, le pays est tout de même plus fort en étant membre de l’ALÉNA. Comme mentionné précédemment, le Canada a des accords commerciaux avec 50% du PIB mondial et, si on inclut le PTP, le PIB total sous accord commercial monte à 60%. Les accords de libre-échange, en plus de la main-d’œuvre de qualité, de l’environnement d’affaires et du score élevé à l’indice de liberté économique, sont tous des facteurs contribuant à renforcer le potentiel d’attractivité du Canada par rapport aux investisseurs étrangers et aux projets d’expansion.

Sachant que les négociations s’étaleront sur le reste de l’année 2017, l’équipe de CAI les suivra de près pour mieux informer nos partenaires d’affaires et clients surs comment celles-ci peuvent les affecter.


 

Vito A. Italia

 

 

Vito A. Italia, MBA, Consultant, Le Groupe CAI Global Inc.

Depuis 2015, Vito a travaillé sur plusieurs projets d’investissements et de sélection de site de tous tailles. De plus, Vito est une ressource instrumentale pour les mandats de développement économique, positionnement stratégique, étude d’attraction, et les projets d’acquisition. Avant de se joindre à CAI, Vito compte plus de cinq années d’expérience en services financiers réparties entre Scotia Capitaux et PricewaterhouseCoopers.

 

 

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